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Refonte du catalogue commercial — Mad in Event

Refonte de la mise en page du catalogue commercial de l'agence et déclinaison de sa charte graphique sur les supports print et digitaux, jusqu'à la préparation des fichiers pour l'imprimeur.

Université Design-graphique BUT 3 Semestre 5
Visuel à venir — le motif ci-dessus tient la place en attendant les captures du projet.

Contexte

Le catalogue commercial de Mad in Event est son principal support de vente. Sa mise en page méritait une refonte, et la charte graphique devait être déclinée de façon cohérente sur l'ensemble des formats, print comme digitaux.

Démarche

Refonte de la mise en page du catalogue sous InDesign.

Création de visuels pour les réseaux sociaux et les supports imprimés, en déclinant la charte sur chaque format.

Retouche photo et préparation des fichiers pour l'impression : fonds perdus, passage en CMJN, contrôle des profils colorimétriques.

Conception de gabarits réutilisables, pour que les prochains supports ne repartent pas de zéro.

Résultats

Un catalogue refondu et prêt pour l'impression, une charte déclinée de façon homogène, et des gabarits qui font gagner du temps sur les supports suivants.

Ce que vend un catalogue

Mad’in Event est une agence événementielle toulonnaise fondée en 2006. J'y ai fait mon alternance de BUT 3 comme assistant chargé de communication, du 1er septembre 2025 au 13 juillet 2026, rattaché directement au dirigeant et seul salarié du pôle communication. Les catalogues commerciaux sont la pièce maîtresse de ce que j'ai produit côté graphique sur l'année.

Il faut comprendre à quoi sert un catalogue dans cette entreprise, sinon on le prend pour une plaquette décorative. Une agence événementielle vend une prestation immatérielle et future : le client achète quelque chose qui n'existe pas encore, qu'il ne pourra ni essayer, ni comparer, ni retourner. Le catalogue est l'objet qui rend cette promesse tangible. Il ne remplace pas le rendez-vous commercial, il le prolonge — il reste sur le bureau du prospect quand le commercial est reparti. Dans une structure où le dirigeant est aussi le seul commercial, c'est à peu près le seul support qui continue de travailler en son absence.

Le point de départ n'était pas une page blanche. Contrairement à ce que l'état général de la communication pouvait laisser croire, Mad’in Event disposait d'une charte graphique. Mon travail n'a donc pas consisté à inventer une identité mais à la reprendre et à la faire tenir sur des supports qu'elle n'avait jamais eu à couvrir. Ce n'est pas une modestie de circonstance : reprendre une charte est plus contraint que d'en concevoir une. Créer, c'est décider. Reprendre, c'est d'abord démêler ce qui, dans vingt ans de production accumulée, relève d'une intention et ce qui relève de l'accident — des variantes de couleurs, des typographies parallèles, des logos déclinés de façons incompatibles, parce que des gens différents ont travaillé avec des outils différents sans document de référence pour arbitrer.

Deux contraintes encadraient la production. La première, c'est le circuit de validation : le dirigeant validait seul, sur pièce, sans comité ni procédure écrite. Sur un visuel courant, ça tient en un échange. Sur un catalogue destiné à l'impression, ça donne plusieurs cycles de relecture — et Matthieu Irles n'était présent que quelques heures par jour, le reste du temps en rendez-vous. Un valideur unique et peu disponible produit mécaniquement de l'attente. La seule variable sur laquelle je pouvais agir, c'était l'anticipation : présenter tôt, présenter groupé.

La seconde contrainte, c'est le salon. Un catalogue doit sortir avant Heavent, et la date d'un salon ne bouge pas. C'est d'ailleurs une des bascules que je cite quand j'explique pourquoi mon planning éditorial n'a jamais tenu : « un catalogue doit sortir avant un salon » est exactement le type d'urgence légitime qui consomme des heures affectées à autre chose.

La méthode : un gabarit maître plutôt que quatre maquettes

Un gabarit maître, pas quatre projets

La décision structurante n'a rien d'esthétique, elle porte sur la méthode de production. Plutôt que de traiter les quatre documents comme quatre chantiers séparés, j'ai conçu le premier comme un gabarit maître. J'y ai fixé une fois pour toutes la grille de mise en page, la hiérarchie typographique, le traitement de l'image, les règles de déclinaison, et surtout un jeu de gabarits de page : page d'ouverture, page de réalisation, page de prestation, page de contact. Les trois documents suivants ont été construits là-dessus.

J'en attendais deux bénéfices. La cohérence, d'abord : les quatre documents se reconnaissent comme appartenant à la même entreprise, ce qui n'aurait pas été le cas de quatre maquettes dessinées séparément — et c'est justement ce dont une petite structure a besoin, parce que la répétition visuelle est l'effet que les grandes marques achètent et qu'ici il fallait obtenir à budget nul. Le temps, ensuite : la charge de conception se concentre sur le premier document, les suivants relèvent de l'adaptation.

Le troisième bénéfice, je ne l'avais pas vu venir, et c'est aujourd'hui celui auquel je tiens le plus : la transmissibilité. Un gabarit documenté permet à quelqu'un d'autre de produire un cinquième catalogue sans repartir de zéro. C'est ce qui s'est passé après mon départ. Dans une boîte où le pôle communication tient sur un poste unique et se transmet d'un alternant au suivant, savoir si le travail survit à celui qui l'a produit n'est pas un critère secondaire.

Le système graphique des couvertures

Le gabarit se démontre sur les couvertures, et c'est ce qui le rend vérifiable plutôt que déclaratif. Chacune repose sur la même composition diagonale : un bandeau de titre en dégradé magenta-violet placé en haut à droite, un bandeau noir oblique qui porte les sous-catégories, une mosaïque de portraits ou de visuels d'événements disposée selon cette même diagonale, et le bloc logotypé Mad’in Event — Créateur d'émotions en bas à droite. Posez les quatre côte à côte, la parenté saute aux yeux avant même qu'on lise les titres.

Une seule structure, mais deux formats selon l'usage. Format carré pour les catalogues destinés à circuler en main propre, sur un stand ou en rendez-vous. Format paysage pour ceux qui se consultent d'abord à l'écran, où l'on scrolle sur un écran large et non sur une page qu'on tient. Le support de lecture commande le format, pas l'inverse.

Quatre offres, quatre logiques éditoriales

Les quatre documents couvrent des offres distinctes et sont consultables en ligne sur le site de l'agence. Les Artistes 2026 est le catalogue principal : concerts, one-man-shows, danse, performances. Le Roster des artistes en développement 2026-2027 est un document plus prospectif, sur des artistes que l'agence accompagne. Le Catalogue des scénographies de rue 2026 s'adresse d'abord aux collectivités — carnavals, déambulations, décors urbains. Le catalogue Conférenciers 2025-2026 est celui dont la structure éditoriale a demandé le plus de travail : il est organisé par domaines — médias, arts, sport, entreprise, société — parce qu'un client qui cherche un conférencier ne cherche pas un nom, il cherche un sujet.

L'outillage : ce que je n'ai pas fait sous InDesign

Je dois une précision qui nuance ce qu'on attend d'un étudiant en MMI. Ces documents n'ont pas tous été produits sous InDesign. Le fichier du premier catalogue porte encore la trace d'un export depuis un outil de présentation, et je l'assume : c'est le même arbitrage que celui qui m'a fait travailler principalement sous Canva sur le flux quotidien — privilégier la vitesse d'exécution sur la pureté de la chaîne de production. Le résultat imprimé ne s'en distingue pas, et dans ce contexte c'était le seul critère qui comptait. Un catalogue qui sort à temps pour le salon avec une chaîne de production discutable vaut mieux qu'un catalogue irréprochable qui arrive après.

J'ai réservé la suite Adobe aux travaux où elle est irremplaçable : la mise en page longue sous InDesign, l'exécution destinée à l'impression, les reprises d'éléments vectoriels de la charte sous Illustrator.

Le bon à tirer : la semaine la plus instructive de l'année

Le passage à l'impression a été la difficulté la plus concrète de mon année. Le cycle de bon à tirer avec Printoclock a duré une semaine d'allers-retours sur les catalogues. Un bon à tirer, c'est l'épreuve que l'imprimeur soumet avant de lancer : le dernier moment où une erreur coûte du temps plutôt que de l'argent. Une fois validé, plusieurs centaines d'exemplaires partent en production et plus rien n'est rattrapable.

Cette absence de retour arrière est ce qui sépare radicalement le print du numérique, et cette semaine me l'a appris mieux que n'importe quel cours. En ligne, une coquille se corrige en trente secondes. Sur un tirage, elle est définitive, et elle est vue par chaque personne à qui l'on tend le document. J'ai donc arrêté de considérer les contraintes de la chaîne graphique comme des règles à respecter pour les traiter comme des risques à couvrir : fonds perdus pour absorber les tolérances de massicot, marges de sécurité pour qu'aucun élément signifiant ne se retrouve trop près d'une coupe, gabarits pour garantir qu'une même erreur ne se reproduise pas de page en page, relecture systématique avant validation.

Les quatre catalogues, et où ils sont allés

Quatre catalogues produits sur l'année, intégralement, de la structure éditoriale à la remise du fichier à l'imprimeur. Les quatre sont en ligne sur madinevent.com et téléchargeables : Les Artistes 2026, le Roster des artistes en développement 2026-2027, le Catalogue des scénographies de rue 2026 et Conférenciers 2025-2026. C'est la partie du travail la plus facilement vérifiable : les fichiers existent, ils sont publics, on peut les ouvrir et juger.

Impression et diffusion. Le tirage a été confié à Printoclock, en plusieurs centaines d'exemplaires. Les catalogues ont été diffusés sur les salons professionnels du secteur — Heavent Paris et Heavent Cannes — où ils ont été remis à des partenaires et à des prospects, et ils servaient également de support en rendez-vous commercial.

Le gabarit a survécu à mon départ. C'est le résultat que je mets en avant, parce que c'est le seul qui prouve quelque chose sur la méthode et pas seulement sur l'exécution : un cinquième catalogue a pu être produit sur la structure que j'avais posée, sans repartir de zéro et sans que j'aie eu à le refaire moi-même.

Ce que je ne peux pas chiffrer, et je préfère le dire. Je n'ai aucune mesure de la contribution commerciale des catalogues. L'agence ne disposait d'aucun outil de suivi : les prospects appelaient directement Matthieu Irles, il n'y avait ni CRM, ni formulaire, ni traçabilité entre un support remis sur un salon et une affaire signée plus tard. Je peux affirmer que les documents ont été produits, imprimés et diffusés. Je ne peux pas affirmer combien ils ont rapporté, et je ne vais pas fabriquer un chiffre pour combler le trou. C'est d'ailleurs une des carences que j'ai identifiées sur l'année, et une des raisons pour lesquelles j'ai conçu en fin de contrat un outil destiné à capter une intention au moment où elle se manifeste.

Ce que j’en retire

Auto-évaluation

Ce que je retire d'abord, c'est la différence entre concevoir un document et concevoir un système qui produit des documents. Au départ j'ai raisonné en maquette : faire un beau catalogue. La bascule s'est faite quand j'ai compris qu'il y en aurait quatre, puis probablement un cinquième après moi, et que la question n'était plus « à quoi ressemble ce document » mais « quelles règles permettent d'en fabriquer d'autres sans que je sois là ». C'est un déplacement de posture — du graphiste vers celui qui outille les autres — et je ne l'avais pas anticipé en arrivant.

Le print, ensuite. Je viens d'une formation et d'une pratique personnelle très orientées numérique, où tout est corrigeable. La semaine de bon à tirer avec Printoclock a été un rappel brutal et utile. Les fonds perdus, les marges de sécurité, la définition des images, la gestion des couleurs : tant que c'est une consigne de cours, ça reste une case à cocher. Le jour où plusieurs centaines d'exemplaires vont partir et qu'on sait qu'après il n'y a plus rien à faire, ces contraintes changent de nature. Elles deviennent des risques qu'on couvre, et on relit autrement.

J'ai aussi appris à défendre un arbitrage d'outil. On m'a formé sur la suite Adobe, et il serait plus flatteur d'écrire que je l'ai utilisée en permanence. Ce n'est pas vrai. J'ai réservé InDesign et Illustrator à ce pour quoi ils sont irremplaçables et j'ai laissé le reste à des outils plus rapides. Sur un catalogue, la qualité perçue par le prospect qui le tient dans les mains ne dépend pas du logiciel qui a généré le PDF : elle dépend de la grille, de la hiérarchie, du choix des images et de la qualité de l'impression. Assumer ça devant un jury MMI est inconfortable, et c'est précisément pour ça que je préfère l'expliquer plutôt que de le cacher.

Enfin, ces catalogues m'ont fait comprendre un truc sur mon propre métier : le support n'est pas le but. Un catalogue est un outil commercial, il est jugé sur ce qu'il permet à un commercial de faire, pas sur ce qu'il permet à un graphiste de montrer. Ça m'a rendu beaucoup moins précieux sur mes maquettes et beaucoup plus attentif à la personne qui allait s'en servir.

Auto-critique constructive

La faiblesse la plus nette, c'est l'absence de mesure. Je sors quatre documents imprimés à plusieurs centaines d'exemplaires, distribués sur deux salons professionnels, et je suis incapable de dire ce qu'ils ont produit. Aucun QR code de suivi sur les couvertures, aucune adresse de page dédiée par catalogue, aucune question posée aux prospects sur ce qui les avait fait appeler. Ça n'aurait presque rien coûté à mettre en place au moment de la conception, et j'aurais aujourd'hui de quoi défendre l'investissement autrement qu'en décrivant le travail. C'est une erreur de conception, pas un manque d'outillage de l'entreprise : le moment de la poser, c'était avant l'impression, et c'était à moi d'y penser.

Deuxième reproche que je me fais : le gabarit maître a été conçu comme un système, mais il n'a pas été documenté comme tel sur le moment. Les règles existaient dans les fichiers et dans ma tête. Elles auraient dû exister dans un document écrit — grille, styles typographiques nommés, règles d'usage des gabarits de page, spécifications d'export imprimeur. Le cinquième catalogue a pu être produit après moi, tant mieux, mais ça a reposé sur la lisibilité du fichier plus que sur une vraie passation. Si je devais recommencer, j'écrirais le manuel en même temps que le gabarit, pas après.

Sur la chaîne de production, l'export depuis un outil de présentation pour le premier catalogue est le point que j'ai le plus hésité à écrire. Je le défends dans le contexte — le délai du salon commandait — mais je ne le défendrais pas dans l'absolu. La contrepartie est réelle : un fichier qui ne se reprend pas proprement, une gestion de la couleur qu'on ne maîtrise pas complètement, et une dépendance à la tolérance de l'imprimeur. Ça a marché. Ce n'est pas la même chose que dire que c'était la bonne façon de faire.

Il y a enfin la semaine de bon à tirer elle-même. Une semaine d'allers-retours, ce n'est pas un signe de rigueur, c'est le symptôme d'un fichier qui n'était pas prêt quand je l'ai envoyé. Une partie des corrections portait sur des choses que j'aurais dû verrouiller avant de soumettre. J'ai gagné en méthode au fil des quatre documents, mais le premier m'a coûté du temps que le salon n'avait pas.

Continuité et développement personnel

Les catalogues ne sont pas restés un objet isolé. Le gabarit maître a irrigué le reste de la production graphique de l'année : la cinquantaine de supports imprimés que j'ai produits pour les événements — flyers, roll-ups, bâches, affiches grand format, kakémonos — reposent sur les mêmes arbitrages de charte et sur la même compréhension de la chaîne d'impression, acquise sur les catalogues. Sans la semaine de bon à tirer, je n'aurais pas su aborder une toile de huit mètres livrée en panneaux.

Ils ont aussi alimenté les supports commerciaux directs : les books de références et les présentations conçues pour Matthieu Irles, qu'il utilisait en rendez-vous et sur Heavent Paris, réutilisent la même grammaire visuelle. Concevoir un support qu'une autre personne va présenter est un exercice différent, mais partir d'un système déjà posé m'a permis de me concentrer sur ce qui comptait vraiment là : la hiérarchie de l'information selon ses priorités commerciales à lui, pas selon ma logique de composition.

Sur le plan de l'analyse, ce travail m'a conduit à un constat que je développe ailleurs et qui a orienté la fin de mon année. Le catalogue est un registre : il montre ce que l'agence sait faire à des gens qui savent déjà qu'ils ont besoin d'une agence événementielle. Il transforme une intention existante, il n'en crée aucune. C'est de là qu'est né le virage éditorial que j'ai proposé en juin 2026 — partir du problème du client plutôt que de l'offre. Autrement dit : l'objet le mieux fini de mon année est aussi celui qui m'a fait comprendre les limites de sa propre logique.

Enfin, c'est le chantier qui m'a le plus servi à formuler ce que je cherche pour la suite. Produire seul quatre documents de cette nature dans les délais m'a montré ce qu'un alternant peut tenir sans encadrement métier — et ce qu'il ne peut pas tenir, à savoir la mesure et la documentation, qui sautent toujours les premières quand une échéance de salon se rapproche.

Compétences mobilisées

6 apprentissage(s) critique(s) rattaché(s) à cette réalisation.

AC12.01

Concevoir un produit ou un service en termes d'usage et de fonctionnalité

Concevoir

J'ai conçu ces catalogues à partir de la fonction qu'ils remplissent, pas à partir d'une envie graphique. Une agence événementielle vend une prestation immatérielle et future : le client achète quelque chose qui n'existe pas encore, qu'il ne peut ni essayer ni comparer. Le catalogue est l'objet qui rend cette promesse tangible et qui reste sur le bureau du prospect quand le commercial est reparti — dans une structure où le dirigeant est aussi le seul commercial, c'est le seul support qui continue de travailler en son absence. Cette analyse d'usage commande des décisions concrètes : le format papier retenu selon que le document circule en main propre ou se consulte à l'écran, et surtout la structure éditoriale du catalogue Conférenciers, organisé par domaines — médias, arts, sport, entreprise, société — parce qu'un client qui cherche un conférencier ne cherche pas un nom, il cherche un sujet.

AC13.03

Créer, composer et retoucher des visuels

Exprimer

Les quatre catalogues sont une production graphique intégrale, pas une adaptation de modèle. J'ai composé les couvertures selon un principe de composition diagonale que j'ai défini : bandeau de titre en dégradé magenta-violet en haut à droite, bandeau noir oblique portant les sous-catégories, mosaïque de portraits et de visuels d'événements alignée sur la même diagonale, bloc logotypé en bas à droite. À l'intérieur, j'ai construit la hiérarchie typographique, la grille et le traitement de l'image, puis décliné le tout sur des gabarits de page distincts — ouverture, réalisation, prestation, contact. Le travail iconographique a porté sur des centaines de visuels d'artistes et d'événements à harmoniser en tenant compte des exigences de l'impression. Les fichiers sont publics et vérifiables sur madinevent.com.

AC13.06

Optimiser les médias en fonction de leurs usages et supports de diffusion

Exprimer

Un même système graphique, deux formats, et ce choix découle directement de l'usage. J'ai retenu un format carré pour les catalogues destinés à circuler en main propre — sur un stand Heavent, en rendez-vous, un objet qu'on tend et qu'on tient — et un format paysage pour ceux qui se consultent principalement à l'écran, où l'on parcourt une page large plutôt qu'un document qu'on manipule. La même logique commande la préparation des fichiers : ce qui part chez Printoclock n'est pas ce qui part en PDF sur le site, parce que les contraintes de définition, de fonds perdus et de poids ne sont pas les mêmes. J'ai donc traité chaque catalogue comme deux livrables issus d'une source unique, l'un pour le papier, l'autre pour la consultation en ligne.

AC15.01

Gérer un projet avec une méthode classique

Entreprendre

Quatre documents imprimés dans l'année, avec des échéances qui ne se négocient pas : un catalogue doit être en main sur le stand le jour de l'ouverture de Heavent, sinon il ne sert à rien. J'ai donc conduit ces projets en remontant le compte à rebours depuis la date du salon jusqu'à la date d'envoi du fichier, en intégrant le délai de fabrication de l'imprimeur et le cycle de bon à tirer, qui a duré une semaine d'allers-retours avec Printoclock. Le circuit de validation ajoutait sa propre contrainte : un valideur unique, le dirigeant, présent quelques heures par jour, ce qui produit mécaniquement de l'attente. Ma réponse a été l'anticipation — présenter tôt, présenter groupé, ne jamais placer une échéance de diffusion à quelques jours d'une validation non obtenue. La décision du gabarit maître est elle-même une décision de gestion de projet : elle concentre la charge sur le premier livrable pour sécuriser les trois suivants.

AC23.03

Créer et décliner une identité visuelle (charte graphique)

Exprimer

L'agence avait une charte, mais vingt ans de production accumulée l'avaient délitée : variantes de couleurs, typographies parallèles, logos déclinés de façons incompatibles, faute de document de référence pour arbitrer. Mon travail a consisté à trancher — garder ce que le public avait associé à la marque, écarter ce qui n'était qu'un contournement technique devenu habitude — puis à faire tenir cette charte sur des supports qu'elle n'avait jamais eu à couvrir : un document multipage destiné à l'impression, décliné sur quatre offres et deux formats. Reprendre une identité est plus contraint que d'en créer une, parce qu'il faut distinguer l'intention de l'accident avant de pouvoir décider quoi que ce soit. La preuve de la déclinaison est visuelle et immédiate : posées côte à côte, les quatre couvertures se reconnaissent comme appartenant à la même entreprise.

AC33.02

Concevoir un design system et en produire les éléments visuels

Exprimer

Le gabarit maître est un design system, et c'est la décision de conception centrale de ce projet. Plutôt que de traiter quatre documents comme quatre chantiers, j'ai défini une fois pour toutes la grille, la hiérarchie typographique, le traitement de l'image, les règles de déclinaison et un jeu de gabarits de page réutilisables, puis j'ai construit les trois catalogues suivants dessus. Un système se juge à sa capacité à produire ce qu'il n'a pas prévu et sans son auteur : celui-ci a permis à quelqu'un d'autre de produire un cinquième catalogue après mon départ, sans repartir de zéro. Je vois aussi sa limite, et je l'assume : les règles vivaient dans les fichiers et non dans un document écrit, ce qui a fait reposer la reprise sur la lisibilité du gabarit plus que sur une vraie documentation.